« Le GIS donnera un avis sur le suivi environnemental du parc »

23 Sep 2021
Territoire

Pour accompagner l’installation de son futur parc au large des Iles d’Yeu et de Noirmoutier, la société EMYN a créé le 8 juillet dernier un Groupement d’intérêt scientifique. Présidé par Philippe Baclet, ce GIS regroupe des universitaires, laboratoires de recherche, associations environnementales et entreprises privées, Interview croisée de Nicolas Peignet, son coordinateur, et Matthieu Carrette, responsable relations locales.

Pour quelles raisons EMYN a-t-elle souhaité créer ce GIS ?

P.: « En 2013, lorsque nous avons répondu à l’appel d’offres de l’État, nous avions déjà l’idée de créer un GIS, pour accompagner le suivi environnemental du projet qui est obligatoire dès la phase de construction jusqu’au démantèlement. On trouvait intéressant de séparer l’expertise apportée par les bureaux d’étude environnementaux missionnés par la société EMYN et l’avis donné par des scientifiques. En 2018, la Préfecture de Vendée a officiellement repris cette proposition de création d’un GIS dans les arrêtés d’autorisation du parc éolien.

Le manque de données en mer montre qu’il est nécessaire de poursuivre l’effort d’acquisition de connaissances scientifiques, le GIS va également y contribuer. »

Comment vont s’articuler les travaux du GIS et la vie du parc ?

P.: « Le GIS apportera un avis sur le suivi environnemental que nous effectuerons au cours du temps. Objectif : s’assurer que les impacts du parc sur l’environnement ne sont pas supérieurs à ceux que nous avions envisagés. Si nécessaire, les scientifiques proposeront des mesures « éviter, réduire et compenser » (ERC) à mettre en place pour diminuer un impact imprévu ou supérieur à ce que l’on avait envisagé. C’est la mission principale du GIS qui œuvrera pendant toute la durée de vie du parc.

En parallèle, le GIS a l’ambition de participer à l’acquisition de données sur le milieu marin afin d’améliorer les connaissances de la relation entre les éoliennes en mer et leur environnement, tout en s’intégrant dans la dynamique de recherche déjà existante.

Notre 3e mission est de valoriser ces résultats vers la communauté scientifique, et de les communiquer vers le grand public. »

Que sont ces mesures ERC ?

P.: « Dans l’étude d’impact environnemental qui a été réalisée, sont détaillés, sur la base des retours d’expérience des autres parcs existant en Europe du Nord, les impacts envisagés sur chaque composante de l’environnement : le milieu marin, la colonne d’eau, la colonne d’air, le tourisme, le paysage, etc. Pour diminuer les impacts, il existe ces mesures ERC. Il s’agit de mesures engageantes que l’on doit mettre en place. Le GIS devra vérifier lors du suivi que ces mesures sont efficaces. Courant 2022, un état de référence sera réalisé dans la zone du parc, point de départ pour le suivi. »

Quel est le calendrier prévisionnel du parc EMYN ?

C.: « On attend encore la fin des recours à l’encontre du projet pour démarrer la construction. Mais ce qui est aujourd’hui prévu, c’est un début des travaux de RTE en 2022 pour préparer le raccordement électrique. Les éléments du parc seront fabriqués courant 2023 et 2024. 2024 et 2025 seront consacrés aux travaux en mer, pour une mise en service à l’horizon 2025 et une durée de 25 à 30 ans. »

Qu’attendez-vous de Seanergy ?

C.: « Nous sommes très contents que Seanergy ait lieu cette fois-ci à Nantes. C’est très symbolique et montre que la filière EMR est enclenchée en Pays de la Loire. Nous serons présents sur le pavillon Pays de la Loire, nous participerons également à des temps forts (pitches, tables rondes…). Pour nous, c’est l’occasion de partager la façon dont on envisage la construction du parc et de faire un éclairage sur nos actualités principales de l’année : le changement de fondations de nos éoliennes, initialement envisagé sur des jackets, nous optons à présent pour des monopieux plus adaptés à notre projet, et la création du GIS dont nous venons de parler. »

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